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Aventures au Népal
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Modérateurs:ATY001_Jacques, ATY002_Christian, ATY020_Yves, ATY029_Michel, com_press, ATY017_Yoann
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ATY020_Yves
lundi 27 juillet 2015 - 18:33:47
Dir-Tech

Membre enregistré #43
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[Suite de l'histoire]

Dix neuf heures, c'est l'heure d'aller se restaurer. Shanti me réserve ses impressions pour le repas. J'attendrai donc. Nous entrons au mess des officiers, prenons notre repas et nous apprêtons à choisir une table lorsque un lieutenant viens nous voir et nous place à une table réservée spécialement pour nous. Je m'en étonne d'autant que c'est une table avec quatre chaises et que nous ne sommes que deux. Le lieutenant nous répond qu'il a reçu des ordres en ce sens et qu'il les exécute, point. Dont acte. Nous nous installons donc à cette table qui se trouve près d'un large hublot donnant sur la côte corse. Je remarque la présence du pacha dans la salle accompagnés d'un homme et une femme que je ne peux voir que de dos, de là où je suis.

Nous nous apprêtons à commencer notre repas lorsque le pacha fait sonner son verre avec un couteau. Le silence se fait et l'amiral Cross prend la parole :

"Mesdames, messieurs, nous avons aujourd'hui l'honneur d'avoir à bord de ce bâtiment un officier de l'armée de l'air indienne ainsi que son épouse, le colonel Karan Nashri et sa femme Aruna. Je leur souhaite en votre nom à tous un excellent séjour chez nous."

Une salve d'applaudissement secoue la salle. Et moi, je reste sans réaction, tant la surprise est totale. Même chose pour Shanti qui me regarde interrogative. Mais l'amiral poursuit :

"Ils ont fait un petit séjour sur un autre de nos porte-avions afin de se qualifier sur F14D, ce qui n'a été que formalité. D'ailleurs permettez-moi de vous rappeler qu'ici même, nous avons aussi deux pilotes en cours de qualification sur ce même appareil. Je parle du commandant Roillan et du capitaine Shin Seng, ici présent."

De nouveau des applaudissement et nous sommes obligés de nous lever. Moi qui est horreur de me faire remarquer, c'est gagné !

Du coup, Karan et Aruna nous rejoignent à notre table. Karan est hilare en voyant ma mine hébétée.
"Comment se fait-il...commençai-je.
- C'est une longue histoire, mais c'est la faute à Dambert.
- Non, sans blague, ça m'aurait étonné.
- En fait, j'ai quelques infos à vous transmettre.
- On t'écoute.
- D'abord, en plus de celui qui est déjà à bord, deux autres Tomcat vont arriver.
- Deux ?
- Oui. Un pour toi et un pour Shanti et Aruna. Ils doivent arriver dans la soirée.
- Bon. Et ?
- On part dans trois jours pour San Diego. La base de Miramar, pour être précis. Et on y va avec les Tomcats. Plusieurs escales sont prévues. Le vol se fera en super-croisière. Il vous reste donc ce laps de temps pour vous qualifier dessus.
- Pour Shanti, je crois que ce sera fait dès demain. Pour moi, ce sera un peu plus long.
- Oh ?
- Shanti à des mains en or dans un avion. C'est ce que m'a dit son instructeur."

La jeune pilote n'ose ouvrir la bouche, sa modestie est en train d'en prendre un coup et elle fait profil bas. Karan reprend :

"Autre chose. Tu sais quel est le porte-avions sur la zone d'opération ?
- Non, aucune idée.
- Tu vas rire : le Charles de Gaulle ! Et ce sera notre base opérationnelle. Le Air-Boss est quelqu'un que tu connais, d'après Dambert.
- Je m'attends au pire. Au pif, l'amiral Rossignol ?
- Dans le mille !
- Bon dieu ! ça va être sportif, les enfants.
- Raconte-nous, Yves.
- Disons qu'il y a un vieux contentieux entre lui et moi. C'est une des raisons qui m'ont fait quitter l'armée. Mais si Dambert l'a choisi, c'est qu'il y a une bonne raison. On le saura vite de toute manière.
- Ah, et j'ai du courrier pour vous deux. L'un pour Shanti et l'autre pour toi.
- Merci, réponds-je en prenant la lettre qui m'est destinée.
- Un dernier point. Pour tout le transfert vers le CDG, j'en assumerai le commandement. Pour la suite, c'est toi qui prend le relais pour la phase opérationnelle. Donc pour le moment et à partir de maintenant, vous êtes tous les trois, Aruna, Shanti et toi sous mes ordres.
- A vos ordres colonel.
- Je t'en prie, c'est juste pour te soulager un peu pendant la phase logistique, tu auras bien assez à faire.
- C'est pas faux, admis-je.
- Sur ce, bon appétit les amis.
- Merci." répondons-nous en chœur.

Nous commençons à manger lorsque Aruna pose une question à Shanti :
"Alors, c'est toi qui me va me transporter ?
- Ouaip, répond mon ex padawan. Je suis en cour de qualification sur le joujou.
- Eh ben racontes-nous. Il n'en faut pas plus à la jeune femme pour démarrer.
- C'est un zinc fantastique. Et pourtant, je n'étais pas rassurée en montant à bord. Je m'attendais à souffrir à cause de l'accélération.
- Un peu comme avec le Tucano ?
- Oui. Mais non. C'est un avion très doux à piloter, et plus maniable qu'il n'y parait au regard de ses dimensions respectables. Le top, c'est la post-combustion. On a passé le mur du son en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Quel coup de pied au derrière ! On dit que la vitesse, ça grise, et bien, c'est vrai. Pourtant, sur une boucle, j'ai eu le voile noir à huit G mais ça n'a duré que quelques secondes et je ne me suis pas senti aussi mal que quand ça m'est arrivé sur l'Embraer."

Shanti en profite pour me jeter un regard noir en souvenir de cette épreuve. Je crois qu'au fond d'elle-même, elle m'en veut toujours de lui avoir fait subir ça. Je vivrai avec, elle aussi. Elle poursuit son récit :

"L'appontage, s'il se fait à une vitesse plus élevée qu'avec un Viking ou un Prowler, est pourtant plus facile, tant l'avionique t'aide dans la visualisation des paramètres. Je suis hyper contente et fière de piloter cet appareil, je l'adore !
- Je dois dire que tu m'as épaté, interviens-je. Non que je n'ai pas eu confiance, mais l'aisance avec laquelle tu apprends me surprendras toujours.
- J'aurais jamais cru pouvoir y arriver, ce que tu m'as appris depuis le début que nous nous connaissons me sert encore.
- J'en suis heureux, jeune élève, j'en suis heureux. Non en fait, je crois que tu es meilleure pilote que moi. Je vieillis, et pas forcément de la meilleure manière.
- Enfin, je t'ai vu à l’œuvre, t'es pas sénile encore !!! Et puis tu as l'expérience en ta faveur.
- Si n'avoir pas touché de jet depuis vingt est une expérience, alors on peut dire ça."
Karan est mort de rire à l'écoute de cet échange. Aruna est un peu gênée de me voir me dénigrer ainsi. Elle m'admire depuis le jour où nous avons commencé à travailler ensemble, et cette façon que j'ai de me voir, certes réaliste, mais pas franchement optimiste l'attriste. C'est elle qui poursuit :
"En tout cas, ce que je retiens, c'est que cet avion vous plait à tous les deux.
- C'est indéniable, réponds-je. C'est un jouet qui coûte cher, mais c'est un beau jouet !"

Le repas se termine dans la bonne humeur et les anecdotes de nos formations respectives. Puis, nous rejoignons nos cabines, histoire de prendre un repos bien mérité.

Savoir Karan et Aruna ici me rassure. D'autant que Karan prend en charge une partie de l'opération.

[Suite au prochain post]
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ATY020_Yves
lundi 10 août 2015 - 01:03:11
Dir-Tech

Membre enregistré #43
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[Suite de l'histoire]

Voilà un mois que nous nous entrainons Shanti et moi, sur les appareils nécessaires à l'opération. Le clou a été notre qualification sur Tomcat. Karan et Aruna qui nous ont rejoint me soulagent de la partie logistique du transfert vers San Diego.

Et c'est un beau matin corse, alors que le soleil ne s'est pas encore totalement levé que nous nous équipons pour la première partie du voyage : du Nimitz vers Gibraltar.



Les F14 sont sur le pont, prêts pour la mise en route.



Nous montons à bord et égrenons nos checklist comme à l'habitude. Finalement, ce vol sera peu différent d'un vol de ligne. Sauf qu'il se fera en formation, et ça, ça change beaucoup de choses.

Les trois appareils sont maintenant sur leur catapulte respective, ailes encore repliées en attendant que le personnel au sol nous signifient qu'ils sont prêts.



C'est Karan qui est catapulté le premier dans un bruit assourdissant de réacteur et de vapeurs.



Une fois la vitesse acquise, il se fait plaisir en exécutant un tonneau.



Puis, c'est au tour de Shanti de s'élancer. Pour me montrer qu'elle est capable de piloter ce zinc comme un vrai pilote de chasse, elle imite Karan en se payant, elle aussi, un tonneau superbe, qu'Aruna appréciera moyennement, du reste.



Puis c'est à mon tour, mais je serai plus sage en faisant un départ standard. Je rejoins dès que possible l'avion de Shanti.



J'ai juste le temps de la prendre en photo lors du rapprochement. Ce sera la seule photo que je ferai. Ce sera mon navigateur qui fera les autres.



Nous profiterons de ce vol pour apprendre à voler en formation relâchée dans un premier temps, avant d'attaquer la formation serrée.

[Suite au prochain post]
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ATY020_Yves
mercredi 19 août 2015 - 12:45:41
Dir-Tech

Membre enregistré #43
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[Suite de l'histoire]

La suite du vol se déroulera sans histoire, donc voici juste quelques photos de ce vol prises par mon navigateur.













[Suite au prochain post]
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ATY020_Yves
jeudi 18 février 2016 - 14:10:42
Dir-Tech

Membre enregistré #43
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Bon, ça fait un petit moment que je ne me suis pas occupé de cette histoire, mais me revoilà !

On est bien arrivé à San Diego et on a filé jusqu'aux îles Hawaï. C'est là où nos F14 sont stationné depuis une semaine maintenant, révision totale après un si long périple oblige. De plus, leur configuration change en y apposant l'armement standard d'interception et plus des missiles air-mer. Cela ne me réjouit pas trop de voler avec ce chargement, rapport à son utilisation éventuelle.

On verra bien...

Quant à nous, on nous brieffe sur cette éventuel usage de nos armes, et les règles d'engagement qui leur seront applicable.

[Suite au prochain post]
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ATY020_Yves
dimanche 21 février 2016 - 16:45:29
Dir-Tech

Membre enregistré #43
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Bien, je vous propose de changer de format pour la suite de ce récit. Dites-moi ce que vous en pensez...

Allez, on commence :






























[Suite au prochain post...]

[ Édité mardi 23 février 2016 - 12:50:56 ]
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ATY020_Yves
lundi 29 février 2016 - 23:20:25
Dir-Tech

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[suite de l'histoire]

A peine posés, les Tomcats sont mis à l'abri pour le moment. C'est Dambert qui nous accueille. Bizarre, il devrait être sur le CDG.

"Roillan ! me lance-t-il, alors ? bon vol ?
- Oui mon général, quoi qu'un peu court carburant.
- Vous vous êtes bien débrouillé, vous et votre équipe, bravo ! Il y a du changement : les services de renseignement ont intercepté un message du sous marin. Sa route prévue a changé et va passer juste à côté de l'Enterprise, ici même. Du coup, ça libère le Charles de Gaulle qui part en mission au Moyen Orient.
- Effectivement, réponds-je, ça va changer beaucoup de choses du point de vue opérationnel, nous n'auront pas la même liberté.
- Détrompez-vous, les ricains nous ont donné carte blanche, ordre du Président Obama lui-même ! On a tous leurs moyens à notre disposition. Demandez, vous aurez !
- Qu'est-ce qui leur a fait changer d'avis ?
- Aucune idée ! Ah, au fait, Rossignol est ici, et il souhaiterait vous parler.
- Euh, c'est un ordre, général ?
- Non, bien sûr, mais je crois que comme vous, il en a gros sur la patate à votre sujet. Parlez-lui et réglez cette histoire, cela vaut mieux pour tout le monde, vous ne croyez pas ?
- De toute façon, vu qu'on doit travailler ensemble, je suppose que je n'ai pas le choix."

Là-dessus, je rentre dans cet immense porte-avions qu'est le CV65 Enterprise. Aussi grand que le Nimitz, mais ici, nous sommes en opération en plein océan. C'est pas tout à fait la même chose...
Je décide de prendre le taureau par les cornes et d'aller voir Rossignol. Si on doit se foutre sur la gueule, autant que ce soit tout de suite. J'ai l'impression d'être revenu vingt cinq ans en arrière...

Je frappe à la porte du bureau du Colonel Rossignol. "Entrez...", j'entre, nous nous regardons un moment. Non en fait peut-être une seconde ou deux, c'est court mais cela me parait une éternité. Cet homme est toujours aussi intimidant, alors même que dans cette opération, je suis son chef.
"Bonjour, Commandant, asseyez-vous, je vous en prie." Je m'exécute, dans un premier temps et j'attends. Quoi, je ne sais pas, que l'un de nous deux commence, sans doute. C'est lui qui commence :
"Comment on en est arrivé là ?
- Vous m'avez forcé à partir, je crois...
- Une belle connerie ! de moi, mais de vous aussi, vous aviez un brillant avenir !
- Pas de cette façon là.
- Ecoutez, Roillan, je vous ai mal jugé à l'époque, obsédé par ma carrière, je n'ai pas su voir en vous votre potentiel. Mais avouez que vous ne m'avez pas beaucoup aidé. Vous avez un sacré caractère, que vous n'avez pas perdu, à ce qu'on dit...
- Les gens ne changent pas aussi facilement, vous savez...
- Ne le prenez pas mal. Je considère ça plutôt comme une qualité. Je vous ai eu sous mes ordres, et croyez-le ou non, j'en ai été, et j'en suis toujours fier. C'est moi qui ai suggéré à Dambert votre nom pour cette mission. Vous êtes le meilleur pour ça, justement parce que vous réfléchissez et que vous êtes capable de contredire un ordre donné."

Là, je marque une pause. Rossignol vient de me présenter ses excuses en bonne et due forme. J'ai de l'amour propre, certes, et ce qu'il m'a fait n'est pas anodin, mais tout le monde a droit à une deuxième chance, non, enfin, c'est ce qu'on dit. En plus, pour être honnête, c'est quand même lui qui m'a appris le boulot. Et si des désaccords sont nés, il n'est pas seul responsable. Cette fois, c'est moi qui reprends :

"Colonel, si nous oubliions tout ça ? et qu'on repartait sereinement ?
- Je demande pas mieux, à une condition.
- Laquelle ?
- Appelez-moi Tom, c'est le diminutif de Thomas, et je vous en prie, je vous demande juste d'écouter l'avis que je vous donne, même si vous ne devez pas en tenir compte ensuite.
- Je crois que tout cela est possible.
- Ok, que faisons-nous maintenant ?
- La situation a apparemment changé, d'après Dambert, des infos plus précises ?
- Ouais, le sous-marin fait la navette une fois par semaine aller-retour, mais il passe souvent en plongée, donc il devient difficile à détecter. Mais les ricains ont des moyens que nous n'avons pas, et ils nous les prêtent. Pourquoi s'en priver, et là, on a nos chances.
- On a quoi comme zinc ? demandais-je
- F18, F14, A4, des Tracker, des Prowler aussi, ainsi que quelques hélicos. Tous ces zincs peuvent être équipés pour la lutte ASM.
- Ok, Tom, je souhaiterais lancer une prospection discrète dès que possible.
- Le mieux, pour ça, serait les Tracker. Suffisamment lent pour faire une recherche de proximité efficace. Après, si on doit élargir la zone, faudra utiliser les Prowler.
- Un rayon de cent nautiques vous parait raisonnable.
- Je dirais cinquante pour commencer, ça risque d'être long.
- Ouais, pas faux. Ok pour cinquante. Quand ?
- Premier départ dans une heure, ça va ?
- Parfait, faites ça. Merci Tom.
- C'est moi, commandant, qui vous remercie de m'avoir écouté."

Je quitte le bureau après cette première discussion et cette première décision opérationnelle. On verra ce que ça donne...

[Suite au prochain post]
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ATY020_Yves
samedi 05 mars 2016 - 23:48:55
Dir-Tech

Membre enregistré #43
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[Suite de l'histoire]











[Post mis à jour jusqu'à la fin de l'épisode]

[ Édité dimanche 06 mars 2016 - 00:04:42 ]
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ATY020_Yves
samedi 12 novembre 2016 - 17:04:58
Dir-Tech

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Euh, hum. Pas eu le temps de finir cet épisode en image. Donc je vais relater ce qui s'est passé sur cette partie de l'histoire.

[Donc, suite et fin de l'épisode]

Le Tracker est revenu bredouille, une fois de plus. Cela fait trois semaines qu'on cherche, en vain. Dambert me convoque. Shanti me regarde "Et alors ?" me demande-t-elle silencieusement. J'en sais foutre rien !

Je me pointe au bureau de Dambert.
"Il y a du nouveau !" me fait-il, alors que je n'ai même pas le temps de le saluer.
" Ah bon ?
- Ouais. Apparemment, votre cirque a eu son petit effet sur les gars que nous recherchons. Un de nos bâtiments de surface l'a repéré, suivi, discrètement. Nous pensions à tort que ce sous-marin était à propulsion nucléaire. Il n'en est rien. C'est un diesel. Du coup, il a été forcé de remonter. Nos bâtiments n'étaient pas visible depuis sa position. Ils l'ont encerclé et forcé à se rendre.
- Oh
- Yep, et la prise est de taille, même si on exclut le sous-marin lui-même, un vieux Gato de la seconde guerre mondiale, il y avait à son bord juste trois tonnes de coke et tenez-vous bien, vingt tonnes de cannabis ainsi que deux tonnes d'héroïne pure à quatre-vingt dix pour cent. La perte pour les trafiquants avoisine le milliard de dollars à la revente.
- Il y en a qui vont être contents !
- En tout cas, le message aux trafiquants est passé et bien passé ! Quant a public, compte-tenu des implications diplomatiques, ce succès est classé secret défense. Fin de mission et fin de l'histoire.
- Et nous, dans tout ça ? demandais-je, un peu inquiet.
- Vous êtes libres de tout engagement, mais j'ai un ou deux trucs à vous transmettre avant, avec votre accord, bien-sûr.
- Je vous écoute...
- Premièrement, toute votre équipe va recevoir une décoration de la part de l'Armée Française en accord avec les ricains. Mais sous le sceau du secret défense. Vous pouvez les arborer en public, mais les raisons pour lesquelles vous les avez reçues ne doivent jamais être révélées.
- Pas un problème pour moi, ça, j'ai l'habitude, on en sort...
- Euh, la suite est moins orthodoxe...
- Pourquoi cela m'étonne si peu de votre part ?
- Je sais que vous avez déjà un magnifique A29 de chez Embraer, j'ai pensé que vous pourriez enrichir votre flotte personnelle d'un appareil un peu plus performant.
- Vous plaisantez ?
- Vous savez que les Tomcats sont à la retraite de la flotte US depuis une dizaine d'années, remplacés par les F18.
- Oui et alors ?
- En fait, les ricains ne savent plus trop quoi en faire, et les envoyer à la casse les ennuient fortement. Cela vous dirait d'en récupérer deux, avec pièces détachées et services de maintenance offerts pendant dix ans ? De plus, la démilitarisation des zincs est à leur charge. Vous gardez toute l'avionique, par contre. Vous en pensez quoi ?
- Que c'est un p..... de sacré nom de dieu de cadeau. Il y en une qui va pas en revenir !
- Euh, si vous ne lui disiez pas tout de suite, ça m'arrangerait. Inventez un prétexte quelconque pour les rapatrier.
- Euh, bon, d'accord, mais cela va être dur de tenir un secret pareil, surtout avec Shanti. Elle a un don pour deviner les choses...
- Tant qu'elle n'a pas de certitude, je m'en fous, et une fois que vous serez en l'air, cela n'aura plus d'importance...mais jusque-là, essayez de noyer le poisson.
- Bon...
- Autre chose, et jusqu'à ce que vous soyez en territoire national (incluant la Polynésie), vous restez militaires sous mes ordres. Votre engagement se terminera une fois posé en terre française. A partir de là...bonne chance pour la suite.
- Merci Amiral.
- C'est moi ! Je vous ai fait confiance, et vous ne m'avez pas déçu. D'ailleurs, mon offre de rempilage tient toujours, mais je ne veux pas vous forcer la main.
- Non merci, Amiral, réponds-je en riant. Cette petite expérience était intéressante, mais pas au point de me réengager.
- Pas de problème. Et faite gaffe à vos amis, ils en valent tous la peine.
- Cela, je le sais. Merci Amiral et à bientôt...
- A bientôt Roillan."

Je sors du bureau un peu sonné par tout ça. Le succès inattendu de notre mission, le don des deux Tomcats, la bienveillance de Dambert envers notre équipe...Sacré bonhomme, quand même !

Shanti aperçoit ma mine perplexe et m'interroge :"Alors ?
- Rassemble l'équipe, juste nous quatre, briefing dans une heure dans la salle deux du PC OPS.
- C'est la salle réservée au briefing mission top secret
- Ce que j'ai à vous dire est top secret défense.
- Je m'en occupe tout de suite commandant !"

Sa réaction me dit qu'elle a saisi l'importance présumée du briefing et qu'elle subodore quelque chose d'inhabituel.

[suite au prochain post pour raison de lisibilité.]
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ATY020_Yves
dimanche 13 novembre 2016 - 04:33:54
Dir-Tech

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[Suite et fin (enfin, j'espère, ça risque d'être un poil longuet...)]

L'atmosphère dans cette salle de briefing où on est un peu à l'étroit est lourde. La chaleur du jour n'en est pas la seule cause. L'équipe s'attend à un certain nombre de remarques désobligeante de ma part, vu le fiasco apparent de l'opération...

Personne n'ose ouvrir la bouche, n'ose même se regarder de peur de trahir un sentiment inapproprié en la circonstance. Même Shanti, qui a l'habitude, en temps normal, d'être la première à s'exprimer, n'ose même pas croiser mon regard et feint de penser à autre chose. Seule Aruna semble un peu plus naturelle, attendant patiemment que je leur dise à quel sauce il vont être mangé.

Je me joue un peu de cette ambiance pour ménager le suspens. Nous sommes tous assis autour d'une table ovale (ouais, ils sont farceurs, ces marins US) et je suis le seul à avoir une pile courte de dossiers à côté de moi.

"Messieurs dames, notre mission ici est terminée, commençais-je enfin.
- Comment ça ?" m'interroge Karan alors que Shanti se prend la tête entre les mains en signe de catastrophe. Aruna est tellement béate que je pourrais voir ses amygdales avec un peu plus de lumière. Ils s'attendaient à tout, sauf à ça. Je me retiens de rire à m'en mordre les lèvres. Je leur laisse une minute pour digérer l'information avant de poursuivre :
"Préparez vos paquetages, on repart pour Papeete, puis retour en France via l'Australie et l'Asie du Sud-Est, L'Inde où nous laisseront Karan et Aruna. Ensuite, Moyen-Orient et Europe de l'Est et enfin retour chez nous.
- On y va comment à Papeete ? me demande Aruna qui a enfin réussi à refermer ses mâchoires.
- Je vais y venir, mais attendez-vous à des choses plus ou moins agréables...
- C'est foutu ? C'est ça ? répond Shanti. On abandonne ce pourquoi nous sommes venus ici ? Tout cet entrainement, ce voyage au bout du Monde, ces recherches pour rien. Les raisons de notre engagement...Eh merde !
- Ok, on a pas trouvé le sous-marin. Mais nos recherches les ont un peu affolés.
- Comment ça ?
- On a toujours cru que c'était un SNA reconverti auquel on avait faire, qui pouvait rester très longtemps en plongée. On s'est trompé. On a eu affaire à un diesel classique obligé de remonter toutes les dix heures environ avec un équipage de dix hommes.
- Mais on l'aurait vu ! lance Karan.
- Non, pas s'il remonte discrètement et de nuit, et qu'il y a moins de personnes à bord. Son autonomie peut-être poussée jusqu'à douze heures en plongée. Le jour sous l'eau, la nuit hors de l'eau. Sauf que notre petit cirque les a obligé à être prudent et à prolonger leur temps de plongée. Et il sont remonté en urgence à cours d'air et de batterie. Nos bâtiments de surface l'ont arraisonné après quelques coups de semonce et quelques grenades sous-marines. La prise est gargantuesque.
- Combien ? me demande Shanti.
- Environ un milliard de dollars à la revente !"

Sifflement d'étonnement et d'admiration autant que de surprise. "Alors on a réussi ? On les a eu ? demande Aruna.
- Oui, et la perte pour les trafiquants est inestimable. Ce n'est pas un chalutier transportant cent kilos d'héroïne, mais un sous-marin avec deux tonnes de cette drogue, vingt tonnes de cannabis et trois tonnes de cocaïne. C'est un transport industriel qu'on vient de contribuer à démanteler.
- Cela ne répond pas à la question de notre transfert sur Papeete.
- Comme on est venu, sauf qu'on aura que deux des trois F14 et qu'on a ordre de les ramener en France.
- Euh et on fait comment si on laisse Karan et Aruna en Inde ? rétorque ma tendre et douce.
- Quoi ? tu ne te sens pas de le piloter seule ? demanda Karan.
- Oh si, mais ce n'est pas habituel !
- Rien n'est habituel dans cette mission de toute façon, réponds-je.
- Bon, fait-elle, autre chose ?
- Oui. Le gouvernement français attribue à chacun de vous une décoration. Vous pourrez la porter mais vous ne devrez jamais parler des raisons de leur obtention.
- Ça y est, ça recommence ! Merde, c'est la deuxième fois qu'on nous fait le coup !
- Je savais que la vie militaire allait déteindre sur toi, Shanti, dis-je pour détendre un peu le climat.
- Désolée, mais je suis quand même un peu dégoûtée.
- Je te comprends. Une dernière chose : nous restons militaires français jusqu'à Papeete au minimum, exception faite de Karan, qui reste de toute façon militaire indien. Et, euh, vos comptes en banque ont été copieusement alimentés, juste pour info.
- Combien ? demande Aruna
- Femme vénale, lui rétorque Karan.
- Ben quoi, on a risqué notre peau, tout de même.
- Aucune idée, intervins-je. Mais suffisamment pour être à l'abri un moment, je suppose."
On pourrait voir les billets verts dans les yeux d'Aruna. J'éclate de rire.
"Allez, au boulot. Karan, tu peux rester une minute ?
- Bien sûr" me repond-il.

Sur ce, les deux jeunes femmes sortent tout en commençant à discuter sur la façon dont elle allaient dépenser leur argent si durement gagné. Nous les suivons du regard, Karan et moi, amusés.
"Bon, j'ai quelque chose à te dire, mais personne d'autre ne doit être au courant, commençais-je.
- Vas-y, accouche !
- Les deux Tomcats sont à nous, démilitarisés, bien sûr.
- Attends, tu peux me répéter ça, j'ai du louper quelque chose là !
- T'as bien entendu. Les deux F14 sont à nous. Enfin, ils sont à moi mais je n'envisage pas de les garder tous les deux.
- Alors tu n'as pas le choix. Je te rappelle que je suis militaire indien et que je ne peux accepter aucun cadeau de ce type. Donc tu les ramènes tous les deux en France. Et ce sera un merveilleux cadeau de mariage pour Shanti.
- Oh, de quoi tu parles, là ? C'est à moi d'être surpris sur ce coup là.
- Bon écoute, Shanti n'osera jamais te le dire, mais le fait de nous voir mariés, Aruna et moi, l'a un peu chamboulée sur sa façon de voir l'avenir avec toi.
- Comment tu sais ça ?
- Oh moi, j'en sais rien, mais Shanti et Aruna se parlent beaucoup et Aruna me parle, tu saisis ?"
Là, il faut que je m'asseye un moment. Shanti et moi, le mariage ? Celle-là, on ne me l'avait jamais faite...

[suite au prochain...enfin, bref, vous avez l'habitude maintenant !]



[ Édité dimanche 13 novembre 2016 - 04:35:39 ]
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ATY020_Yves
dimanche 13 novembre 2016 - 21:05:34
Dir-Tech

Membre enregistré #43
Inscrit(e) le: mardi 06 mai 2008 - 00:48:45
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[Suite et...pfff, j'sais plus...]

Bon, et ben je ne suis pas sorti de l'auberge avec cette info. Je ne sais même pas par quelle bout la prendre. Je fais part de mon désarroi à mon ami qui me répond : "le mieux, pour le moment, c'est de faire comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu. Tu ne sais rien de plus qu'avant. Cela te donnera le temps pour réfléchir à, disons, une stratégie. Et puis je ne sais pas quelles sont tes envies à toi...
- Faut avouer que l'idée ne me déplairait pas mais vu les opinions de Shanti sur le sujet, je ne sais pas trop comment lui en parler sans qu'elle se renferme sur elle-même par orgueil.
- Et si tu lui demandais tout simplement sa main ?
- Tu ne prends pas de gants, toi !
- Quoi ? c'est le meilleur moyen de savoir, que risques-tu ?
- De la perdre, tout simplement.
- Si tu estimes ce risque réel, pose-toi la question de savoir si ça vaut le coup de continuer.
- Pas faux, ce que tu dis.
- Si elle t'aime vraiment, elle acceptera ou refusera, mais tu ne la perdras pas.
- La question est: suis-je prêt à accepter un refus de sa part...
- De toute façon, me fait Karan, si tu n'essaies pas, tu ne sauras jamais. Tu es prêt à courir ce risque là ?
- Faut que je trouve le bon moment...
- Si tu veux avoir une chance, surprends-la, étonne-la, bref, soit créatif...
- J'ai peut-être une idée...
- C'est un début..." Et notre discussion s'arrête là. Nous sortons sur le pont prendre un peu l'air.

J'ai les yeux perdus dans les vagues de l'Océan, et mon esprit vagabonde loin de ce lieu quand Shanti s'approche de moi doucement : "Comment vas-tu, mon amour, me demande-t-elle, tu as l'air si triste. C'est la fin de notre présence ici qui te rend si mélancolique ?
- Oui et non. C'est bizarre, en fait, réponds-je.
- Qu'y a-t-il ? raconte-moi...
- Que penses-tu de Karan et Aruna ? Tu crois qu'ils sont heureux ?
- Oui, sincèrement, je le crois. Leur mariage a été une étape de vie importante pour eux, ça les a changé...en mieux. Ils sont plus sereins. Ils savent qu'ils pourront toujours compter sur l'autre.
- Et nous ? fais-je. Après tout, rien ne nous lie, à part nos sentiments, je veux dire. Et tu ne m'as jamais caché que tu tenais à une certaine forme de liberté..."
Shanti baisse la tête, puis la relève et me serre dans ses bras :"M'aimes-tu ? Je veux dire, m'aimes-tu du plus profond de ton coeur, de ton âme, de ton être de vie ?
- Oui. Pleinement oui. Plus même que ma propre vie.
- Alors, je suis comblée et je ne te décevrai pas." Et de manière à couper court à toute discussion, elle m'embrasse passionnément. Je n'irai pas plus loin sur ce sujet pour le moment. Mais Karan a dit vrai, je la sens bouleversée. Je sens qu'elle veut plus, mais n'osera jamais me le demander, tant elle n'aurait jamais imaginé vivre ce qu'elle vit déjà depuis dix huit mois.

[Suite au....]
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